
Chercheuse et éducatrice pluridisciplinaire originaire de Tāmaki Makaurau, Aotearoa. Son ascendance matrilinéaire remonte au Sénégal et à la France, tandis que sa lignée patrilinéaire est d’origine polonaise et tchèque. Par l’image en mouvement, l’installation site spécifique et la fabrication de talismans, la pratique de Yana est une enquête poétique sur les territoires matériels et immatériels des conditions d’appartenance. En questionnant le mnémonique et en reconstituant des fragments d’histoires généalogiques et géographiques, des récits se forment et se déforment, dans une pratique qui explore les architectures douces et dures d’une certaine interculturalité postcoloniale. Au post-diplôme, elle interrogera les premières techniques de reproduction d’images (héliographie/lithographie) en questionnant la caméra comme outil ethnographique et d’extraction utilisé en Occident. Au-delà, elle s’intéresse aux croisements entre l’extraction de matières telles que la gomme arabique du nord du Sénégal depuis le 15e siècle et les pratiques européennes, notamment françaises (lyonnaises) de cette période, en particulier la peinture du style Troubadour, la fabrication des étoffes de soie et l’industrie postale. Elle contextualise cette recherche par le développement d’un court-métrage d’ethno-fiction accompagné d’un ensemble de talismans.